De tout, de rien et parfois du linge sale lavé en public.
Confessions et tribulations d'une fille qui avait 18 ans lors du premier billet.
Un défouloir comme il n'y en a pas d'autre.

For those who speaks English some articles are translated.
They are all ordered under the section "ENGLISH". Enjoy!

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lundi 13 mai 2013

Wonder no-maman

Je ne lis plus Edith, toi même tu sais pourquoi. D'autres dans la foulée ce sont mis à boycotter ce mag qui sans parenthèse n'est pas le reflet d'une grande qualité Edith-oriale. Mais alors quand je suis "tombée" sur l'Edith-o du mois de mai, ça m'a fait mal, ça m'a retourné profond et mes yeux ont failli bruler. Aller, aller, j'me la joue supra mélodramatique mais sérieux, je vous le mets ici et nous en reparlons plus bas.

(pour ceux qui l'ignore Edith est un féminin gratuit distribuée à Orléans avec pour cible les CSP + coincées, des rues pavées illuminées la nuit)


Is it a joke? Malheureusement non...

La première lecture m'a choquée et le fait que je connaisse la personne qui a écrit cette splendeur y joue sans doute. Si encore il s'agissait là de vrai féminisme, passe encore...

Parce qu'il est vrai que ce n'est pas parce qu'un être de 3-4 cm nous déchire l'utérus que nous devons passer le reste de notre vie enfermée à la maison, esclave des fourneaux, du salaire de notre mari et de nos rejetons. Nous avons le devoir de nous battre pour avoir les mêmes droits que les hommes et le droit de prétendre à la même égalité qu'eux. 
Pourtant, la stupidité de certaines femmes dans leur pseudo combat m'attriste. Pourquoi est-il si dure d'accepter d'être des femmes tout comme les hommes acceptent d'être des hommes dans toute la splendeur de leur poil ? Il me semble que l'émancipation récente de la femme nous monte au cerveau et que nous voulons toujours plus : le beurre, l'argent du beurre et la crémière. Frapper, il le faut - oui, il y a tant de chose qui me font vomir dans la manière dont est traitée la femme, mais frapper n'importe où et annihiler notre nature pour "se faire comme un homme", ce n'est pas une solution vers l'égalité.

Je m'égare, pardonnez-moi. Recentrons nous sur le propos général. Je pense que dans quelques années j'écrirai un livre que j'intitulerai : L'art d'avoir des parents égoïstes - un guide pour palier votre manque d'amour.

Comme je disais plus haut (avant de m'égarer) ce texte n'est pas féministe. Il est faux. Il fait croire aux femmes qu'elles ont le droit "d'enfanter" sans s'occuper de leur progéniture, sans culpabiliser de leur offrir si peu d'attention.  

De nos jours, on peut facilement déléguer l'entretien de notre jardin/voiture/et gosse a des personnes compétentes alors grand Dieu pourquoi s'encombrer ? Tout ce qui compte dans ma vie c'est moi et donc ma carrière. Je suis égoïste et je le vaux bien. Mes enfants ? Oh, ils sont fier de l'ombre de leur maman. 

Je ne comprends pas ça. Je veux dire, d'accord, OK, moi aussi je suis méga égoïste, je vis à 100 à l'heure, j'adore sortir et n'avoir aucune autre contrainte que celles que je me choisies. Mais je ne planifie pas de me reproduire (d'abord y'a plein de poules sur Terre pour faire des enfants à ma place, mais ça j'en parlerai dans un autre article...).

Faire un enfant c'est un acte d'engagement.
S'il ne faut pas vivre pour lui, au risque de devenir "castratrice" (on est d'accord), il faut vivre avec lui. Avoir des enfants, c'est choisir de mettre au monde un être qui va vivre et mourir. C'est une grande responsabilité. Je ne comprends pas pourquoi ces mères, que je montre du doigts, ne le comprennent pas.
Si l'on m'a déjà dit que j'étais égoïste à ne pas vouloir d'enfant, je réponds que non, ce sont elles qui le sont - à mettre au monde un être simplement pour voir sa génétique reproduit en miniature mais qui ne modifient en rien leur train de vie pour celle qu'elles viennent d'offrir justement. C'est là où je dis que ces femmes là abusent : des gosses, un job, des responsabilités, des nounous, des femmes de ménages, et le temps ? Ne rien sacrifié je peux tout faaaaaaaaire ! je suis wonder nana-maman et je mourrai d'un infarctus à 45 ans... Elles veulent tout et, surtout, plus que l'homme (qu'elles se plaisent à dire qu'elles dépassent au nom de leur stupide féminisme). C'est à vous tourner la tête. Je ne suis pas sûre qu'elles aient raison, ces femmes là et je signe ma déclaration.

Oui, mais le papa... Et le papa ? Parlons en. Un enfant a certes besoin de ces deux parents mais s'il en a au moins un sur deux c'est bien. Quand les deux sont absents, parce que et la mère et le père font leur petites affaires comme si personne ne les attendait en pleurant dans son lit, caché sous la couette, alors là vraiment c'est douteux.

Entre une carrière et un être vivant, l'être vivant devrait avoir la priorité, sauf si bien sur on se plaît à vendre sa peau et son âme au diable capitaliste.
Femmes, vous vous plaignez, mais personne ne vous demande de mettre votre machine a enfanter en route. Ce que je pense c'est que vous êtes fière de faire croire que vous gérez sur tout les plans alors qu'au fond, vous ne gérez rien du tout.


samedi 20 avril 2013

De toi, j'fais c'que j'veux

Aujourd'hui on m'a montré cette vidéo. Have a look:


Ce qui est dit est vrai mais la sauce américaine me dérange.

Le pire, c'est qu'une vidéo de ce type fait le tour des réseaux sociaux à une vitesse folle. Une vidéo de ce type, qui t'alignes une grande succession d'images à la seconde, fait croire à ton cerveau que tu es déjà en action (doit bien y'avoir un nom scientifique pour appuyer c'que j'dis...).
On se laisserait bercer par la belle illusion que nous agissons (avons déjà agit) pour la cause alors que nous n'avons fait que poster la vidéo sur le mur de notre page FB.

Oh mais, oh là là , que nous sommes révoltés ! Ah non, non, non, plus jamais on me fera croire à d'la merde, ça c'est sur.
"Tu fais quoi ce soir ?"
"Rien. Je vais bouffer Mac Do, regarder Plus Belle La Vie et écouter la Star Ac. Normal, quoi."
Normal, oui, pauvres cons...

Élevés dans la "culture mort-née", élevés pour être comme tout le monde, ces gens là ne sont personnes.
Vite manipulés, vite jetés, vite oubliés, cette populasse ne s'inscrit pas dans l'histoire.
Ces gens là pensent penser et ça me fait peur. Ces gens là ne savent s'attaquer qu'aux hommes politiques sous prétexte de vivre moins bien, sous prétexte de n'être plus libre (entre parenthèse : ils confondent liberté et désengagement). C'est bien. Je ne suis pas en train de dire qu'il ne faut pas être révolté.

Seulement, s'attaquer à des figures publiques alors même que vous vendez votre âme à des multinationales privées, ça ne fait pas de vous des êtres moins cons.


vendredi 19 avril 2013

As to be clear

You said you speak a better English than I do. Maybe. 
But I do speak English for different reasons and in different situations than you. English is my second ''emotional living'' language : I slept in English, I ate in English, I cried in English, I found in love in English, I made love in English, I worked in English and much more...
I lived two years in the Anglo-Saxon islands so I can say it's quite an important part of my life.
I'm not pretending to speak better than anybody. While I learnt this language I was crowing up and deciding what adult I wanted to become. I am emotionally attached to the fact that I can express everything or nearly in English and I hardly accept the criticism about my way of speaking. I don't understand this competition that could exist between my English and yours. They don't serve the same purpose so forget about me. 
You'll be a doll. 

 Hasting, UK - July 2012

samedi 6 avril 2013

Were you born that way?

This morning I look at you and I'm thinking it's good that you are different, that you are fighting for what you beleive. I like that.
But today in this world we live in, wouldn't you choke and finally get in line like everyone else?
I have no trust in the world to finally accept people who wanna change it in better. Mass people are crap and ready to eat whatever they are offered. It gets me desperate and so it gets you.

Les gens sont des cons.
"C'est comme ça, c'est pas autrement". Bien-sur. Pourquoi ferais-je des efforts pour changer le monde qui m'entoure, le modeler pour qu'il devienne un peu moins injuste ? Pourquoi changerais-je ma vie ? Aujourd'hui je suis bien, casanière, dépensière, addict, égoïste avec mon téléphone high-tech, mon Facebook, mes plats préparés, mes émissions préférées qui me lave le cerveau... et la société me fait croire que je ne manque de rien à coup de jingles merdico-propagantistes sur TF1. Au pire, j'ai toujours une carte bleu.
La société me laisse tranquille si je fais ce qu'elle me dicte (esclave consentant !). Alors pourquoi réfléchir ? Faut pas trop m'en demander, moi je suis le troupeau, c'est déjà bien fatiguant d'accepter d'être pris pour un con 24/24 h, j'ai pas le temps pour autre chose.

Comprenez que, ce n'est dans l'intérêt de personne que vous développiez votre œil critique, que vous puissiez avoir des réflexions en plaçant, non pas vous-même mais, l'intérêt commun au centre de votre pensée.
Par contre, c'est l'intérêt des "plus grands" que vous ne pensiez qu'à votre gueule et vous enfermiez dans votre bulle égocentrico-nombriliste sans plus un pet d'envie d'aller voir ce qui se trame ailleurs. Cela fait de vous un public facile. Un public qui descendra pas dans la rue, qui alignera les € et qui déléguera ce qui devrait l'alarmer, à d'autres qui en feront un profit. C'est bien.
"Mais, tout le monde fait pareil pourquoi je ferais différemment ?" c'est vrai ça. "Diviser pour mieux régner" ça n'est que la pointe de l'iceberg, après tout.

Moi les légumes, ça m'énerve.
  Pour bien s'intégrer au monde faut : bouffer d'la merde, dire d'la merde, agir comme une merde. C'est beau.

dimanche 31 mars 2013

Les mecs et leurs potos...

Ce qui m'était le plus insupportable chez tous mes ex ? Leurs potes.
 
Si, prit individuellement, ils sont des anges avec leurs copines respectives, en bande de bipèdes pseudo-gaillards ils se comportent comme des goujats. Ils considèrent clairement la "nouvelle copine" de leur pote comme un morceau de bifteck qui passera sa route rapidement. Tu m'en dira tant. On dit que quand tu couches avec quelqu'un, tu couches aussi avec sa famille. Faut étendre le proverbe au cercle amicale.

Je suis restée avec M. un an et demi, alors tu penserais qu'après tout ce temps je me serais fait une place parmi ces potes. Faux ! J'ai longtemps cru que cela venait de moi de ne pas y arriver. Il y a sans doute un peu de ça. Je n'aime pas trop les choses imposées. Quand j'étais petite et que nous allions diner chez des amis de mon père qui avaient des enfants, je me disais intérieurement que ce n'était pas juste que l'on me force à être ami avec des gens que je n'avais pas choisi. Encore aujourd'hui c'est quelque chose qui ne m'est pas naturel.

Pour en revenir à mon histoire, je pense que le manque de tact des potes de mes ex venait du fait qu'eux, ça ne leur posaient aucun souci de ne pas me voir intégrée. Et pour mon mec et bien, soit il s'en foutait soit il pensait que "l'affaire" avec moi serait toujours la même quelque soit mon statut.
Les mecs ont cette capacité (que je n'envie absolument pas) de tout ranger dans des petites boites de pensées cadrées et étiquetées : maman-papa-potos-.......-la fille que j'me tape.
Pardon je suis méga pessimiste.
Je crois aussi que les mecs entre eux s'aiment fort (c'est chou !) et ont peur qu'une meuf fraîchement débarquée chamboule tout ce qu'ils connaissent déjà (un homme, c'est fragile). Alors ils ne la considèrent pas, ne lui disent pas bonjour et laissent tomber à plat chacune de ces interventions.

Pauvre fille, pauvre Justine.

Je pense que si les amis de ton compagnon refusent de te faire entrer dans leur cercle et de te considérer, alors tu auras toutes les bonnes raisons pour le quitter. Je déteste être une laissé-pour-compte doublé d'une cruche et je pense que nous ressentons toute cela.

Personnellement, je ne demande pas à ce qu'on me présente comme "Justine, la femme de ma vie, la reine de mes nuit, je rêve de construire une maison à la campagne avec elle et nous aurons un chien que l'on nommera Chamallo ."

Par contre on peut me présenter comme "Justine" et demander à ses potes de ne pas me rendre la vie dure exprès.


(Moi, j'ai des copines qui m'offrent des fleurs - ça compense ?!)


mercredi 13 mars 2013

mimi cracra VS Barbie

Il y a des idées d'articles qui me sont soufflées par des gens que je fréquente. J'aime bien mettre les pieds dans le plat alors ce sujet était pour moi.

Quand le débat sur l'inné et l'acquis du langage fait rage au sein de la communauté des linguistes, moi je m'intéresse à celui de l'hygiène corporelle (belle transition entre mes études et ma réflexion, n'est-ce-pas ?).
Qu'est-ce-que l'hygiène ? Qui l'a inventée ? Quelle était-elle avant notre temps, quelle sera-t-elle demain ?
Ce que l'on peut constater c'est que tous, nous n'en avons pas la même définition.

Quelle est son importance aujourd'hui ? Est-ce l'une des clés du "vivre ensemble" ? Puisque nous pensons tous qu'il y a un minimum à fournir, que c'est "naturel", cela devient vite un sujet tabou.
Le discours sur le sexe qui porte également sur l'intimité s'est, quand à lui, ouvert impudiquement : tant bien qu'il est partout. Alors pourquoi, pourquoi, avons-nous tant de mal à discourir sur une notion inventée de toute pièce par l'homme : la propreté, l'hygiène personnelle ?

J’émets l'hypothèse que c'est une notion inculquée d'abord par notre entourage familiale : "Vas te laver les mains ", "C'est l'heure de la douche", "Va mettre ton t-shirt dans le panier de linges sales", bref...
Lorsque nous reprochons à quelqu'un de ne pas coller au standard de la propreté ("Gérard mon ami, vous puez, faites quelque chose !") c'est tout son mode de fonctionnement intime que l'on bouscule. Nous pensons alors, par politesse ?, que "ce n'est pas à nous de le lui dire" (à cette personne, qu'elle sent pas bon, qu'il faudrait que...).

Mais où existons-nous si ce n'est dans le regard des autres ? Ai-je un reflet si personne ne me regarde ? En effet, le regard sur nous-même, l'image que d'autres nous renvoie, nous donne l'envie de plaire et par conséquent de nous embellir.

Mon dieu... Je ne crois pas que je suis en train d'écrire ça ! Enfin maintenant, pour ceux qui ne me connaissez pas, vous savez au moins que je ne suis pas une supra dégueulasse. Je suis même partisane de la ligue "Un Minimum Pour Être Belle" (avec mes copines on l'a inventée) :
- Une douche pas jour tu prendra
- Les dents tu te lavera
- Tes cheveux tu lavera et peignera
- Un minimum de maquillage tu pourra porter (pour les filles - quoi que les hommes aujourd'hui... mais j'y reviendrai)

Comme pour tout les mouvements de la vie, il y a des extrémistes. Nous sommes un peu dans l'ère du malade imaginaire et qu'il existe des personnes qui développent des paranoïas de la salive, une phobie des bactéries et qui deviennent de vrais puristes javellisés. J'avais une amie au lycée, qui se frottait les mains jusqu'au sang pour avoir l'impression qu'elles soit propres. Timbrée !

Mes amis, sachez que, biologiquement, nous ne sommes qu'une compo de bactéries vivantes, notre corps meut, crée des odeurs, fait des bruits, il n'y a pas de honte à avoir.
Savoir que notre corps est naturel ne signifie pas qu'il faille le laisser-aller dans la saleté et par opposition il ne sert à rien de le rêver comme un terrain lisse et immuable semblable à Barbie.



Et oui, c'est aussi à partir de là que l'on reconnait quelqu'un de "bien dans sa peau".

samedi 6 octobre 2012

Vente sur Leboncoin

OK, j'ai été un peu naïve sur ce coup là.
Ça m'apprendra, mais en tout cas j'ai bien rigolé ! Je vous explique. Je vide mes placards et je vends des vêtements de tout genre. Il y a quelques temps que j'avais ce débardeur noir avec une pièce de dentelle de chaque côté. Je n'aimais plus trop le porter (c'est vrai qu'il est un peu sexy) alors j'ai pensé le vendre.
 
Mon erreur ? Ce fus de mettre une photo de mon buste avec le haut porté. Tous les bizarroïdes d'Orléans étaient aux aguets. J'ai reçu, en l'espace de quelques heures, ce type d'e-mail :

JOEL : photo tres sexy
 
MICHEL : bonjour je viens de voir votre annonce  
pourriez vous m'envoyer d'autres photos si cela ne vous 
derange pas d'avance merci
 
ROCCO81 : Bonsoir, le haut est très sexy, mais vous vous 
avez l'air superbes!!!
 
PATRICIA : hummm j'adore votre petit haut.dommage que l'on 
ne voit pas mieux votre poitrine :) bises coquines
 
ANNE : bonjour justine avez vous d autre photos ? merci
 
TERRY : bonjour Est il possible de voir le rendu du 
debardeur porté avec une jupe et des collants ?
 
FLORENCE : bonjour ne portant que très rarement des sous 
vêtement je voudrais savoir si l'on vois les seins 
du côté dentelle avec photo si possible très cordialement florence
 
 
Gné...
"Aaaah ! De la dentelle... Hm hm, ce doit être une femme facile moi je te le dit... allez je tente ma chance."
Je ne vous mettrais pas les photos ici, d'ailleurs j'ai supprimé mon annonce du boncoin. En voici un tout petit bout... Bon, ce haut, je le donnerais à Emmaüs. Ça vaut mieux.



mercredi 26 septembre 2012

Ça n'est pas nouveau

Ces gamins ne peuvent pas faire grands choses. Ils doivent se tenir droit, ne pas trainer des pieds, ne pas salir leur pantalon, ne pas sauter, ne pas faire de cabrioles, ne pas faire de bruit quand il boivent de l'eau, ne pas parler trop fort, ne pas jouer, ne pas faire semblant, ne pas, ne pas, ne pas... être un enfant.
Certaines personnes engendrent des progénitures dans le but de disposer d'un "mini-moi". Une définition de la "reproduction de soi-même" à prendre au pied de la lettre ?

J'imagine...

Mon "mini-moi" est parfait, regarde. Il est tout moi avec 30 ans de moins. Dis autrement, il a du acquérir en 10 ans ce que j'ai mis 30 ans a atteindre. Tu te rends compte de l'avance ? Ah oui, ça je lui rend service. Oui, dans 10 ans il me remerciera de lui avoir volé son enfance parce que s'amuser "ce n'est que pour la populace". Oui, nous sommes de bonne famille alors nous devons serrer la bride de nos gamins le plus tôt possible afin qu'ils ne deviennent pas ces espèces de petits cons bons à rien que ça fait que grouiller dans les écoles publiques. Nous voulons faire de nos gamins des êtres prétentieux, des personnes qui croiront que tout leur est acquis, surtout l'autre. Nous voulons créer des êtres pour lesquelles les difficultés n'existeront pas car nous aurons balisé leur chemin dès la plus petite enfance. Ils pourront nous dire merci, ça oui.

vendredi 15 juin 2012

The Virgin Suicides

Essai écrit dans le cadre de l'université.

The Virgin Suicides de Sofia Coppola
(ou le mal de vivre au cinéma..)


ET SI L'ADOLESCENCE ÉTAIT LE TEMPS OÙ IL FAUT CHOISIR ENTRE VIVRE ET MOURIR ? 1
C'est ainsi que l'on pourrait résumer l’œuvre de Sofia Coppola. Retour en 1999 où cette jeune réalisatrice en herbe, mais non moins talentueuse, adapte le roman The Virgin Suicides de Jeffrey Eugenides au cinéma.



Benjamine d'une fratrie de cinq filles, Cecilia Lisbon se suicide. Dans une banlieue américaine puritaine et bourgeoise des années 70 le reste des sœurs, de jolies blondes en mal de vivre, sont soumises à l'autorité possessive de leur mère et finissent enfermées dans la demeure familiale. Ce drame nous est conté par une bande d'adolescents qui sont prêts à tout pour faire la connaissance des mystérieuses sœurs Lisbon.

Sofia Coppola a souhaité rester très proche du roman. Cependant le livre a été écrit par un homme et le film réalisé par une femme il y a donc logiquement une différence de perception. La réalisation est parfaitement maîtrisée, minutieusement calculée et complètement graphique. Elle est d'abord dirigée par le bon goût d'un regard féminin, aiguisé par l'élégance et qui parvient à transposer l'univers de cinq jeunes filles en fleurs, blondes comme les blés. L'image valse entre la douce rêverie et le fantasme, entre le mystère et l'angoisse, mais résonne toujours d'une certaine mélancolie. De celle qui se caractérise par la capacité à regarder son destin et en accepter sans joie ni désespoir son « inexorable accomplissement »2. Cela ne trompe pas, Sofia Coppola sera gratifiée en 2001 du MTV Movie Awards Meilleur Réalisateur.

Toutefois, la réalisation garde un point de vue masculin car l'histoire nous est raconté par quatre garçons qui mélangent leurs propres souvenirs à ceux trouvés dans le journal de Cecilia. En découvrant ses écrits intimes le spectateur est mis au rang de voyeur, de curieux. Des passages y décrivent Lux - la quatrième des sœurs - dans son intimité, dans des positions et des attitudes qui la subliment en beauté et excitent l'imagination des garçons.

Dans cette œuvre, le matérialisme et l'obsession pour l'apparence parfaite sont largement critiqués. The Virgin Suicides sera l'exception du genre "teen-movie" (film pour ado) inventé par les américains, où ces valeurs sont en général portées à limite de l'adulation. Josh Harnett est excellent dans l'incarnation DU beau gosse dont toutes les filles tombent amoureuses : Trip. Toutes, sauf Lux interprétée par Kristen Dunst. Chapeau pour le jeu d'acteur de cette dernière, qui saura apporter le charme et le mystère suffisant à l'inaccessible adolescente de quatorze ans que rien n’effraie. Lux est, bien plus que ses sœurs, l'incarnation du mal-être adolescent.

La musique, composée par le groupe Air, remplace avec finesse la parole. En effet The Virgin Suicides ne brille pas par la longueur de ses dialogues. Il est presque étouffant de sentir le poids du manque de communication familiale.
Entre un père absent (James Woods) et la domination excessive de la mère (Kathleen Turner), les adolescentes sont contraintes au silence. De même, il est suffocant de constater que cet univers est toxique et que même les arbres du quartier ne sauront survivre à cette contagion et finiront abattus un à un. L'ambiance sonore sait compléter parfaitement la description du monde asphyxiant dans lequel les filles survivent.

Par dessus tout, le refoulement des pulsions aboutit au strict effet contraire de celui recherché. Les parents semblent ignorer ce principe car les tabous et les interdits sont nombreux pour les sœurs. Et qu'est-ce-qu'un adolescent sinon cet être hypersensible en proie à la liberté et toujours tiraillé entre l'enfance protectrice qu'il a connu et l'appel excitant des ''premières fois'' ? C'est à en perdre la tête ! Qui l’on est et où l’on va ? On ne le sait pas à quatorze ans, tout ce que l’on désire, c’est de l’amour. Mais dans un monde fait d’obligations (scolaires, familiales, religieuses) où les désirs personnels ne sont jamais pris en compte, cet amour n'existe pas, malgré ce qu'en dit la mère. Que peut-on faire de sa vie lorsque l'on est privé de contact extérieur ? Quelle perspective d'avenir pouvons-nous envisager ? C'est d'une terrible tristesse. A ce moment là, le suicide n'est plus un appel au secours : il est le seul échappatoire possible et la solution choisie par les quatre sœurs.

En réponse à Vincent Ostria dans L'Humanité (27/09/2000) qui décrira ce film comme « cucul romantique » je dirai que non, ce film n'est pas vain et a le mérite d'attribuer au mal de vivre adolescent une représentation cinématographique de qualité 3. Bien sûr The Virgin Suicides ne rompt pas définitivement avec les stéréotypes Américains du "teen-movie" : football américain, bal de promo, élection de la Queen and King..., mais la réalisation va plus loin. Elle nous emmène derrière le décor lisse de cette banlieue puritaine, derrière ces visages et ces coiffures soignées et creuse la psychologie des personnages. Au même titre que les quatre garçons, nous sommes pris à témoin sur ce que la mélancolie profonde a pour conséquence : la mort.

L'amour obsessionnel et convulsif de l'adolescence, les moments magiques qui ne durent jamais, tout cela résonne encore, treize ans plus tard, comme étrangement familier.
Une œuvre parlante et indémodable.


Références
1 Hafid Aggoune – extrait du roman Quelle nuit sommes-nous ?
« L'adolescence est le temps où il faut choisir entre vivre et mourir. »
2 Aristote
3 Nicolas Rey pour Le Figaro Magazine
« Le mal de vivre n'a pas d'explication. Il avait des chansons. Il a trouvé son film. »

lundi 14 mai 2012

L'enfant qui voulait être un ours

 Un film de Jannick Hastrup



Samedi soir, un soir de baby-sitting...
Première réaction : "Oh, c'est pour les bébés !" "Mais non c'est à partir de 5 ans, ça veut dire que les moins de 5 ans ne peuvent pas le regarder, tu comprends ?" "Oui, mais moi j'préfère le foot."

L'ouverture des esprits formatés au sport, n'est pas toujours simple ! Mais, comme d'habitude je suis très patiente et A, comme tout enfant, est curieux. C'est bien ma chance car ce dessin animé est une merveille. Nous avons était coupé en plein milieu, surement une rayure sur le DVD et la TV s'est changé automatiquement sur la chaîne du foot. Bizarre ! A m'a dit "Si tu mets le foot, je te boxe." Aucune méchanceté par là, je vous rassure ! Dans le dessin animé le petit garçon qui voulait être un ours joue à la boxe avec sa maman.

Pari réussi ! Il a adoré et moi aussi ! J'ai été subjuguée par la musique composée par Bruno Coulais, qui a notamment fait la BO des Choristes, de Coraline et dernièrement du film d'Alain Chabat sur le Marsupilami. Plus que tout, satisfaite du panel de thème abordé : l'amour d'une mère pour son enfant, la survie en milieu animal, la mort, l'amitié, le courage, la notion de choix.


A je te le dis, des bêtises du genre "La maison de Mickey" tu auras tout le temps pour les regarder mais laisse moi t'initier à la vraie beauté de ce qu'est un dessin animé non formaté par Disney.



Quelques échos presse :

"Écologiquement correct, graphisme original et world music entrainante; l'exemple même de film intelligent pour les juniors." (Première, éd. de décembre - 2 étoiles)
"Un film bouleversant, peint sobrement à l'aquarelle." (Figaroscope)
"Un délicieux conte animalier version inuit, un beau dessin animé." (Les nouvelles fiches du cinéma)
"Un spectacle touchant et poétique." (Studio Magazine)
"Le travail sur les couleurs est magnifique. Un nouveau "Kirikou" ?" (Storyboard)

Le lien vers Allo Ciné

Le lien vers la musique

Pour tout public - Bon film !