De tout, de rien et parfois du linge sale lavé en public.
Confessions et tribulations d'une fille qui avait 18 ans lors du premier billet.
Un défouloir comme il n'y en a pas d'autre.

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samedi 22 septembre 2012

La femme pressée

Dans mon métier de baby-sitter professionnelle j'ai eu l'occasion de croiser différent type de femmes pressées. Elles ne sont pas un mythe. Elles témoignent facilement de la difficulté qu'est de vivre une vie de femme au XXI siècle. Lumière !


Il y a celles qui ne travaillent pas mais qui ont plusieurs enfants, un mari aimant qui passe 15 heures par jour au bureau et surtout : un réseau social à entretenir. Ce dernier est notre point le plus important et tout les moyens sont bons pour parvenir à ses fins : être la ménagère que tout le monde envie. Envoi de carte postal (home-made et c'est le TOP !), les appels téléphoniques, les e-mails, les "garden-party" ensoleillée, les après-midi shopping, les coRDV chez le coiffeur avec sa BFF (best friend). J'ai remarqué que l'achat de nouveaux vêtements et d'accessoires pour la maison était la pratique la plus courante chez ces femmes là. D'abord, elles ont tout cet argent que leur mari n'a pas le temps de dépenser. Ensuite, il faut bien amuser la galerie, vanter son statut social et avoir une excuse pour une tea-afternoon réussie.

Ce mode de vie est communicatif. Quand on vit au contact de ces personnes, on se sent importants. On se lance dans le mimétisme et on aimerait, nous aussi, ne pas avoir à travailler pour se consacrer pleinement à une carrière de mini It Girl à l'échelle locale.


Cet exemple est une exception. Mon "fond de commerce" réel sont des femmes de moins de 50 ans CSP+ (catégorie socio-professionnelle supérieur). Elles sont fascinantes, toujours bien maquillées et habillées. Elles possèdent une belle voiture, un animal domestique, 1 à 3 enfants, un mariage "parfait" (en apparence du moins) et surtout un métier qu'elles aiment, où elle s'épanouissent. 


Différents points m'ont beaucoup frappé chez ces femmes pressées.

Leur capacité à accorder leur confiance "facilement". Là encore, des guillemets car je sais bien que pour le poste occupé elles ont vu plusieurs candidat(e)s et que je fus celle retenue. Je ne connais pas réellement les critères qui les motivent, même si je m'en doute. Surement dois-je avoir une bonne tête ? Pour revenir à ma remarque, n'ont-elles pas le choix que celui de déléguer les tâches relatives au domicile ou ont-elles une confiance naturelle en l'autre pour leur rendre service ?
J'ai remarqué la tactique utilisée, toujours la même. Je la connaissais déjà pour avoir entendu un manager d'une grande entreprise française la manier parfaitement. C'est la technique du "je te fais confiance". Si une personne vous dit ça, vous ferez tout pour ne pas la décevoir. Imparable !

Leur rapport à leurs enfants. Elles les aiment, incontestablement. Mais elles ne sont jamais chez elles et leurs enfants ont, en l'espace de quelques mois, passé plus de temps avec moi qu'avec elles. Vous avez raison de me rappeler que c'est le rôle d'une baby-sitter professionnelle, mais je me permets quand même cette remarque. Elles ont du faire des choix qui ne sont pas faciles, je l'avoue.
Cependant, je n'avais pas toujours le bon rôle. Qui devait expliquer à un enfant de bas âge que maman à beaucoup de choses à faire et que c'est pour ça qu'elle ne peut pas être présente à son spectacle d'école ? Qui supportait "les mauvais coups", les égards de politesse, les reproches, les "de toutes façons mamans te paye pour être gentille avec moi" ? Moi.


Bien loin de moi l'envie de les culpabiliser à travers un article qui fait états des faits, justement. Bien-sur que j'envie ces femmes là, oui ! Mais la multi-casquette m'effraie. Je ne supporterais pas de tout faire à moitié. Enfin, peut-être le supporterais-je jusqu'au jour où mes enfants, ou mon boulot, me fasse une remarque amère.


Les femmes ont aujourd'hui (besoin) envie d'une vie à multiples facettes. Pourquoi ?
Ne croyez-vous pas que le carcan domestique a assez duré ? Les femmes ont des siècles de retard par rapport au mâle (mise à part exceptions) en ce qui concerne l'indépendance d'esprit et de corps, la prise de décision et la multiplication des fronts d'action. Et c'est là, une prise de conscience.
Être une femme c'est être sans cesse tiraillée entre l'envie de réussir "comme un homme", d'être une mère parfaite, d'être une épouse aimante, d'être une femme sexy et sophistiqué, d'être entourée d'ami(e)s et choyée... Vous n'avez pas la tête qui tourne ?


2 commentaires:

Maëva a dit…

perso, je me contenterai largement de réussir "comme un homme" et d'avoir des bons potes! ^^

Justine a dit…

Oh oui ! Moi aussi :)
Je suis tellement souvent en mouvement, je me satisfait tellement peu des contraintes extérieures que je supporterais mal qu'un gamin (le mien, pas le mien) vienne contredire ma liberté !